La pornographie est un incontournable dans l’univers sexuel et constitue pour plusieurs l’ensemble de leur vie sexuelle. Certains en consomment quotidiennement alors que d’autres n’en font la recherche qu’à l’occasion. Peu importe la fréquence, la durée ou le contenu des recherches, les personnes qui peuvent honnêtement dire qu’elles n’en ont jamais vu sont particulièrement rares.
Tout comme d’autres aspects de la sexualité, la pornographie est un sujet tabou qui est difficile d’aborder sérieusement. Il y a toujours une petite peur à l’idée d’en parler et encore plus s’il faut aborder l’historique. Cette peur du jugement est toujours présente malgré que la pornographie soit grandement populaire. Il est même un peu hypocrite de juger la consommation si on a soi-même peur d’être jugé sur la nôtre.
De nouveaux fantasmes
La pornographie a permis de mettre en lumière et accessible à tous de nombreuses formes de sexualités. On peut y voir des pratiques intenses, voire violentes, ou à l’inverse, plus douces et délicates comme de la sensualité ou des massages. Les scènes de BDSM ou de sexe à plusieurs peuvent également montrer des fantasmes que l’on n’oserait pas expérimenter à première vue.
Le répertoire est suffisamment vaste pour y trouver absolument tout ce qui est possible d’imaginer. Il s’agit donc d’un outil intéressant pour se donner des idées sur les nouvelles expériences à essayer en les intégrant dans la vie de couple (ou de célibataire).
Il peut également servir d’alternative si vous avez un fétiche qui ne peut pas être comblé avec un.e partenaire. Dans ce cas, votre consommation pourrait vous permettre de vous évader de votre routine tout en vous faisant plaisir et sans aller voir ailleurs.
Bien qu’il peut y avoir plusieurs avantages à consommer de la pornographie, il faut quand même être conscient qu’il y a des précautions à y avoir. Comme toute chose, une surconsommation est toujours néfaste.
Reproduire des scènes
Un aspect qui est important de garder en tête lorsque l’on regarde de la pornographie, c’est de ne jamais oublier que c’est de la fiction. C’est-à-dire que la majorité des scènes ne sont pas représentative d’un véritable rapport sexuel et ont pour objectif de mettre de l’avant le plaisir masculin. En regardant un film de super-héros, on se doute bien que les super-pouvoirs ne sont pas réels, mais en voyant des scènes plus réalisables, on peut croire que les réactions des acteurs seront les mêmes que les partenaires dans la réalité.
Les jeunes sont encore plus sensibles à ce problème. Comme la plupart d’entre eux manque d’expérience et qu’ils n’ont pas de personnes ressources vers qui se tourner, un réflexe est de se tourner vers Internet. À ce moment, leur seule éducation est généralement orientée vers la pornographie. On y apprend donc aux jeunes hommes les actions exagérées qu’ils doivent faire pour procurer du plaisir aux femmes, et aux femmes comment montrer du plaisir sous forme de cris et gémissements en réponses à ces actions. Si ça vous semble ridicule, c’est parce que ça l’est!
Le sexe y est montré froid et sans émotion. Les caresses, les câlins, embrasser sont des gestes qui sont peu présents et leur donnent une impression que c’est la norme. On se retrouve alors avec toute une culture de la sexualité qui est orienté vers un but de jouissance avant tout sans porter attention au plaisir qui se déroule durant le rapport au complet. Les acteurs ont eux-mêmes peu ou pas de plaisir lors des tournages, mais ils font un travail remarquable à nous prouver le contraire.
Il peut arriver de trouver une vidéo qui excite tellement que la seule chose qui peut nous exciter encore plus est de le reproduire avec quelqu’un. Il y a deux petits obstacles ici! Notre partenaire n’est pas nécessairement intéressé par ce fantasme et il peut y avoir des situations à risque, notamment avec les scènes BDSM. Les acteurs de pornographie exercent dans un environnement contrôlé, suivant un script et entourés de personnes prêtes à réagir en cas de problème. Il n’est pas possible non plus de savoir combien de fois la scène a été tourné ou a dû être recommencée. Si un fantasme attire notre curiosité et donne envie d’essayer, il faut prendre le temps d’en parler avec son ou sa partenaire pour en connaître l’opinion. Pour les pratiques BDSM ou à risque, il existe certainement des formations fiables sur Internet ou en personnes pour connaître les dangers et comment les éviter.
Des standards malsains
À force de regarder de la pornographie, on peut perdre ses repères en ce qui concerne la sexualité dans le monde réel. Le plus souvent, il s’agit des normes concernant les corps humains. On voit le plus souvent des corps au silhouette parfaite, sans défauts ou cicatrices. Les partenaires avec qui vous avez eu ou que vous aurez des relations sexuelles ne vont définitivement pas respecter ces standards.
Sauf en faisant des recherches avec des critères physiques spécifiques, les acteurs ont souvent une apparence mince et musclée avec des pénis, des fesses, des seins plus gros que la moyenne de la population. Ils ont toujours une facilité à rester excités et sont toujours hautement performant. Les orgasmes finissent par être intenses se finissant avec des cris et des gémissements surréalistes et des sécrétions tellement abondantes.
L’image qui est véhiculée est que les femmes ont souvent le rôle de devoir satisfaire sexuellement les hommes. Même si ce n’est pas représentatif de la réalité, le message est assez souvent répété pour que certains finissent par y croire.
Lorsque l’on est habitué à ce genre de scénario, il est normal d’être déçu par la réalité. Les attentes sont rarement réalisées et on peut facilement se sentir complexé en se voyant nettement en dessous des critères. On peut facilement imaginer que les attentes que l’on se fait des autres sont les mêmes que les autres se font de nous.
L’industrie des films pour adultes recrute selon ces caractéristiques physiques exceptionnellement au-dessus de la norme. Des stratagèmes sont aussi mis en place pour impressionner grâce aux effets spéciaux. Que ce soit une éjaculation masculine ou féminine abondante, il s’agit souvent d’un trucage toujours dans le but d’en mettre plein la vue. En gardant à l’esprit que ces films sont autant de la fiction que l’industrie du cinéma, on est plus conscient du côté irréaliste de la sexualité sur Internet.
Possible d’être dépendant?
Il existe une rumeur selon laquelle il serait possible d’être dépendant à la pornographie, que c’est un besoin d’en consommer régulièrement et que c’est une situation qui devient pathologique. Ce n’est pas totalement vrai! En fait, il est toujours possible d’arrêter d’en visionner si l’on est suffisamment occupé et qu’on trouve un autre passe-temps. Des études ont ainsi montré qu’il n’y a pas de dépendance, mais qu’en consommer régulièrement peut être un signe de dépression. Ainsi, le manque de stimulation dans la vie réelle peut pousser à regarder du contenu pornographique. Si tel est votre cas, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé pour obtenir de l’aide.
Une nouvelle alternative
Petit à petit, une nouvelle forme de pornographie commence à se faire connaître au grand public. Il s’agit de la pornographie féministe. La grande particularité par rapport à celle plus conventionnelle est justement de la rendre plus réaliste et d’en changer les perceptions d’une soumission forcée de la femme. Elle se démarque aussi par un meilleur traitement et de meilleures condition de travail dans l’industrie. Il y a encore beaucoup d’efforts qui doivent être mis de l’avant pour que ça devienne la norme, mais le changement est déjà en cours et ne peut que progresser.
La pornographie apporte un grand avantage dans la sexualité autant dans un contexte de divertissement que dans une occasion de stimuler l’imagination et faire découvrir de nouveaux fantasmes. En se détachant et en la voyant comme de la fiction et non une représentation de la réalité, on améliore notre perception de la sexualité. Il n’y a aucun mal à se faire plaisir et en consommer en autant que ça ne nuise pas à la vie sexuelle dans le monde réel.