Tout d’abord, pourquoi vouloir être dans une relation où il y a un échange de pouvoir? L’univers du BDSM est souvent reconnu pour être un milieu où l’on peut s’identifier en faisant tomber le masque de la vie de tous les jours pour s’exprimer librement sans avoir peur d’être jugé. Ainsi, celui qui occupe un poste professionnel apportant du pouvoir peut souhaiter se soumettre afin d’avoir une liberté de ne plus être en position de prendre les décisions. À l’inverse, la personne qui a un rôle plutôt soumis au quotidien peut souhaiter être en contrôle afin de compenser un manque. Ces exemples sont à titre indicatif et ne signifie pas qu’une personne de pouvoir souhaite nécessairement se soumettre, et vice-versa. C’est avant tout une question de préférence personnelle et il ne faut pas assumer le rôle d’une personne sans qu’elle vous dise le rôle auquel elle s’identifie.
Il est tout de même important de spécifier qu’il n’est pas nécessaire d’être dans une relation amoureuse pour avoir une dynamique d’échange de pouvoir consenti. Il est donc possible d’avoir plusieurs partenaires sans toutefois être dans une relation polyamoureuse.
Il convient donc de définir les multiples rôles présents et d’en montrer les différences.
Domination/soumission
Ce type de relation est en quelque sorte le stéréotype des échanges de pouvoir. Si vous mentionnez être dans un relation BDSM avec quelqu’un, c’est généralement cette dynamique qui viendra à l’esprit, en particulier aux non-initiés.
Le lien qui unit des personnes dominantes et soumises s’étend habituellement sur du long-terme. Elles peuvent impliquer un lien amoureux, sexuel, les deux ou aucun. En fait, la dynamique de Domination/soumission (communément abrégé par D/s) se caractérise par un lien psychologique, voire émotionnel, où l’un désire offrir sa soumission à l’autre.
Ce qui caractérise la personne dominante est son engagement envers son partenaire qui se soumet. Ce n’est pas seulement d’être en contrôle de la situation, mais également d’en prendre responsabilité. Il a un devoir envers son soumis/e de répondre à ses besoins et s’assurer de son bien-être en échange de cette soumission. En échange, il peut s’attendre en retour à de l’obéissance et de la complaisance.
En ce qui concerne la personne soumise, on retrouve majoritairement un désir de plaire et une volonté de placer ses désirs en second plan afin de satisfaire et de répondre avant tout à ceux de la personne dominante. Un des éléments central de la soumission consiste à la satisfaction de permettre à quelqu’un de nous contrôler. De cette façon, il est possible de devenir plus libre d’une certaine façon. Libre de ne plus prendre de décision et de ne pas devoir penser à tout et n’importe quoi.
Top/bottom
Ces termes, provenant de l’anglais, font référence respectivement à la personne qui inflige une action et la personne qui la reçoit. À première vue, on peut comprendre la confusion avec le type de relation mentionnée précédemment. Une des principales différences réside dans la durée durant laquelle elle a lieu. Une séance de jeu entre un Top et un bottom est défini dans le temps avec un début et une fin qui aura été déterminé à l’avance durant lequel peut se dérouler du bondage, du sexe, des pratiques sado-masochistes, etc. On peut alors nommer ces deux personnes comme étant des partenaires de jeu. Leur interaction peut ne durer qu’une seule fois durant quelques instants, comme par exemple lors d’une rencontre dans une soirée BDSM, ou s’étendre dans le temps au travers de multiples séances.
Il est à noter que même s’il y a plusieurs événements avec une présence d’échange de pouvoir, il n’y a habituellement que peu ou aucune soumission impliqué. Être Top ne veut pas forcément dire être dominant/e et être bottom n’oblige pas à être soumis/e. Il se peut même qu’une personne dominante veuille être bottom ou l’inverse. Par exemple, un des deux partenaires étant dominant/e et masochiste pourrait alors demander à son soumis/e de le torturer ou de lui infliger de la douleur faisant alors de ce dernier à la fois un/e Top tout en étant soumis/e.
Ainsi, comme la relation est beaucoup plus de nature physique mettant l’accent sur les sensations et la pratique de jeux occasionnels, il peut être acceptable d’avoir plusieurs partenaires même dans le cadre d’une relation monogame.
Et les partenaires switch
Ceux qui veulent autant expérimenter d’un côté comme de l’autre sont appelés switch en raison du caractère changeant. En effet, selon leur partenaire du moment, leurs envies ou encore leur humeur, ils peuvent vouloir être Dom/Top une fois, puis sub/bottom la fois d’après. Ils ont alors l’avantage de découvrir les deux côtés de la médaille et goûter aux plaisirs de chacun des rôles.
Si un switch est dans une relation avec une personne qui ne l’est pas, avoir plusieurs partenaires devient alors un moyen simple de pouvoir combler les différents besoins. Chacun d’entre eux permet alors de satisfaire un des différents aspects.
Cependant, il faut prendre en considération que dans la communauté BDSM, certains adeptes voient les switchs comme des imposteurs qui sont incapables de se décider entre ce qui leur convient le mieux. Si vous l’êtes, sachez que c’est entièrement de votre droit et vous n’êtes pas dans l’obligation de devoir choisir un côté plus qu’un autre. Cependant, attendez-vous à avoir des refus de partenaires qui ne veulent pas de “demi-Top” ou de “demi-bottom”.
En conclusion
Que vous souhaitez vous impliquer dans une dynamique de type D/s ou d’être un partenaire de jeu, c’est à vous de trouver la formule qui satisfait le mieux vos besoins et vos envies. Comme vous pouvez le constater, les rôles sont suffisamment malléables et s’adaptent parfaitement à votre mode de vie. Ça reste effectivement avant tout une étiquette, mais celle-ci reste suffisamment large et vous permettra de vous aider à trouver un ou des partenaires, si ce n’est pas déjà le cas, en spécifiant ce que vous recherchez. Explorez, découvrez et adaptez-vous selon vos intérêts changeants afin d’être satisfait dans votre relation actuelle.