Tu voulais te soumettre à quelqu’un, tu voulais vivre une belle expérience BDSM, mais ça a mal tourné. C’est pas une situation qui est rare, mais qui peut bien souvent être évitée. Depuis que la trilogie de Fifty Shades of Grey est sorti, beaucoup ont prétendus être des dominants dans le but d’obtenir du contrôle sur des soumis.es et d’en abuser (Il y en a toujours eu, mais en même temps que le bdsm s’est fait connaître, plusieurs en ont profité pour prétendre être des connaisseurs). Il semble même que la majorité des personnes se disant dominantes, ne sont pas considérées comme tel dans la communauté bdsm.
En général, le faux dominant (fausse dominante) est une personne voulant tirer avantage d’une personne soumise, généralement pour du sexe ou pour réaliser ses fantasmes personnelles. Certains d’entre eux sont également des prédateurs et/ou des personnes toxiques.
Il existe plusieurs indices pour s’apercevoir si la personne avec qui on parle est vraiment adepte de BDSM ou fait semblant pour gagner la confiance. Ces indices sont appelés des drapeaux rouges (red flags). En général, lorsqu’il y en a un ou deux, ce n’est pas alarmant. Par contre, s’il y en a plusieurs, il est plus prudent de prendre ses distances avec cette personne.
Un dominant, un « vrai »!
Un faux dominant aura tendance à croire que pour être un dominant qui puisse dominer quelqu’un, il doit être au-dessus des autres, il doit se démarquer, être ”l’alpha”. Il ne doit jamais se faire marcher sur les pieds, sinon ça serait un signe de faiblesse. Au besoin, pourquoi pas dénigrer d’autres personnes pour se valoriser un peu?
Pour montrer que c’est un dominant meilleur que tous les autres, il n’est pas rare de voir un “CV BDSM” qui paraît exagéré. Il pourrait alors raconté avoir eu de nombreuses expériences avec de multiples partenaires ou avoir expérimenté et maîtrisé de nombreuses disciplines du BDSM. Il est suspect de rencontrer quelqu’un qui a plusieurs années d’expérience, mais qui n’a pas de références pour prouver ses propos.
Les références sont habituellement un bon moyen pour valider la fiabilité et le niveau de compétences de quelqu’un qu’on vient de rencontrer. C’est pourquoi il faudrait toujours en demander juste pour être sûr de ne pas avoir n’importe qui en face de nous. Cependant, s’il y en a, mais qu’il n’est pas possible de les joindre ou même que leur nom ne peuvent pas être cité, il y a de quoi se poser des questions. À vrai dire, il est préférable qu’il n’y en ait simplement aucune.
Une personne qui se qualifie comme étant dominante se doit d’être modeste honnête par rapport à ses expériences. Le rôle de domination ne signifie pas d’être au-dessus du rôle de soumission. C’est un échange de pouvoir pour du plaisir mutuel dans une relation où les deux sont égaux.
Dominer tout de suite
Que la rencontre se fasse en personne ou sur Internet, une personne faussement dominante aura souvent tendance à vouloir imposer des règles, des restrictions ou donner des ordres dès le départ. Penser qu’un.e soumis.e doit obéir à tout le monde dès les premières interactions est une erreur auprès de nombreux nouveaux.
Si en plus, un titre est imposé dès le départ (Maître.sse, Monsieur, Madame, etc), vous avez un bon indice que c’est peut-être pas la personne qu’il vous faut. Et juste histoire de bien marquer l’écart des rôles, vous pouvez vous attendre à vous faire traiter de chienne, de salope ou tout autres termes aussi plaisant.
En général, toujours en restant sur le principe qu’un titre et une obéissance doit être acquise avec un rôle autoproclamé de dominant, le respect et la confiance doit être inné dès le départ. Pas besoin de faire ses preuves ou de bâtir une confiance, après tout pourquoi douter de cette personne?
Une relation doit se construire progressivement et dans le respect pour pouvoir avancer. Ce qui est vrai dans les relations conventionnelles l’est tout autant dans le milieu BDSM.
Fais ce que je te dis
Dès les premières interactions, le faux dominant semblera souvent précipiter les choses et peut-être même sauter des étapes pour diriger rapidement vers du sexe. La plupart d’entre eux pensent que les soumis.es sont des “proies” faciles avec qui il est possible d’avoir du sexe rapidement.
En ce qui concerne les jeux et les pratiques BDSM, il n’y aura probablement pas beaucoup d’échange. Vous serez au courant de ses intentions, de ses intérêts et ses envies, mais vous devrez principalement vous y conformer. Les attentes seront irréalistes et égoïstes. La patience ne sera sûrement pas au rendez-vous non plus.
Si par hasard, vous entendez ou lisez “Avec moi, il n’y a pas de mot de sécurité (safeword)” ou “Tu ne devras pas avoir de limites” d’une personne que vous venez de rencontrer, fuyez! C’est un signe évident d’un manque de sécurité et qu’il n’est pas permis d’exprimer son consentement. Cette situation ne peut que mal finir.
Durant votre parcours dans l’univers bdsm, vous allez définitivement en rencontrer. Il faut pas nécessairement se décourager, il y en a qui ont de bonnes intentions. Il ne faut alors pas se précipiter sur la première personne venue, une relation de confiance prends du temps et de la confiance pour se bâtir convenablement. Il est possible de demander l’avis d’une personne plus expérimentée d’évaluer une personne pour vous, car avec le temps, on les reconnaît beaucoup plus facilement.