Le travestisme est un fétiche courant qui est encore très mal vu et peu accepté dans notre culture. Il s’agit de la volonté de porter des vêtements qui sont perçus comme étant exclusifs au sexe opposé.
En général, on parle de fétiche lorsqu’il y a un intérêt pour un morceau de vêtement particulier. Dans ce cas, il s’agit alors plutôt d’une catégorie spécifique ainsi que l’action de le porter soit-même. Pour mieux comprendre cet intérêt et son histoire, il faut reculer un peu dans le temps.
La première fois que le terme a été utilisé est lorsqu’un allemand du nom de Magnus Hirschfeld l’a mentionné dans son ouvrage du même titre en 1910. Les théories de l’époque mettaient de l’avant que cette pratique était associée à des comportements strictement non-hétérosexuels. Elle a souvent été représentée comme étant particulièrement attribuée aux communautés homosexuelles durant une bonne partie du 20e siècle. Plus tard, il sera confirmé que ce n’est pas le cas et qu’elle est indépendante de l’attirance sexuelle.
Cette pratique aura attiré suffisamment d’attention pour que les experts de l’époque se penchent sur la question et finissent par la catégoriser comme étant une condition mentale reconnue. Ce sont principalement les hommes qui ont été pointés du doigt à ce moment, car auprès des femmes, la situation s’est déroulée différemment. À partir de la moitié du 20e siècle, les femmes de la culture occidentale ont commencé à porter des pantalons, qui étaient considérés comme des vêtements typiquement masculins. Comme cette mode s’est répandue rapidement, il n’a jamais été sujet d’une déviance à ce moment.
Pourquoi le travestisme est-il pratiqué?
Plusieurs raisons expliquent le désir de porter les vêtements typiques du sexe opposé. Il y a une certaine nuance à apporter, car celles-ci ne sont pas toutes liées au travestisme. Il est important d’en faire la distinction selon la situation.
Les premiers signes d’un intérêt pour le travestisme se produisent durant l’enfance. Il peut être naturel pour un enfant de vouloir expérimenter et jouer, mais il s’agit dans ce cas d’une tenue dans laquelle il se sent bien. En continuant durant l’âge adulte, ces raisons peuvent changer ou rester les mêmes en évoluant. Certains travestis affirment aujourd’hui qu’il s’agit à l’origine d’un désir provenant de l’excitation sexuelle, mais ce n’est pas la majorité comme avaient pensés les chercheurs de l’époque. D’autres le font dans un but ressemblant plus à un échappatoire du quotidien qui leur permet de se détendre et de se sentir bien. Ça pourrait même les aider à réduire leur anxiété. La plupart des travestis sont des hommes et pouvoir porter les vêtements du sexe opposé leur permettrait de faire vivre la part de féminité qui sommeille en eux et lui donner l’opportunité de se manifester.
Une autre forme du travestisme est plus connue et également plus accepté socialement, il s’agit des Drag Queens (et des Drag Kings dans le cas des femmes). Il y a principalement deux différences majeures entre ces deux styles. La première étant que les Drag abordent des tenues plus flamboyantes et extravagantes que ceux des travestis et qui représentent plus une exagération du stéréotype genré. La deuxième se situe au niveau du public. Alors que le travestisme se pratique le plus souvent en privé, le Drag se produit devant une audience et offre ainsi la distinction d’être présenté comme étant une forme d’art de la scène.
Contrairement aux travestis qui se sentent bien dans leur corps, les personnes transgenres ne se sentent pas à l’aise dans le corps qui ne les correspond pas. Ils portent donc ces tenues, non pas pour réaliser un fantasme, mais bien pour se sentir bien et exprimer les expressions de genre. Il s’agit plus d’un besoin essentiel que d’un désir.
Ce qu’en dit la science
Les recherches sur le sujet ont beaucoup évolué sur la question du travestisme. Par exemple, on peut affirmer maintenant que les personnes de n’importe quelle orientation sexuelle peuvent s’adonner à cette pratique. Même que les hommes concernés sont tout à fait à l’aise dans leur rôle masculin et n’ont pas de désir de changer de sexe, comme c’est le cas chez les transgenres.
Si au sein du couple, ce mode de vie est accepté, le travesti pourra s’épanouir au travers de ce fétiche, où il pourrait même y avoir des relations sexuelles impliquant les tenues. À l’inverse, si ce n’est pas compris ou refusé, il pourrait y avoir un sentiment de culpabilité et de honte qui se développe. De l’angoisse et/ou une dépression peuvent alors faire leur apparition. Les émotions négatives peuvent mener à une crise où toute la garde-robe finirait aux poubelles pour vouloir faire disparaître ce désir. Le fétiche ne fera que revenir avec plus de force poussant à se procurer de nouveaux vêtements créant un cercle vicieux de plus en plus intense.
Avec le temps, le travestisme n’est plus considéré comme un trouble mental, seulement lorsqu’il provoque des dysfonctionnements au quotidien. C’est-à-dire que s’il y a des complications avec le travail ou la vie de couple sur une période d’au moins 6 mois, il faudra alors se tourner vers des solutions.
Aucun médicament n’a fait ses preuves pour traiter ce genre de problème. La technique la plus efficace pour arriver à passer au travers et qui produit le plus de résultat est la psychothérapie. Une autre option qui s’offre sont les groupes de soutien où les échanges et le support peuvent se produire et faciliter l’entraide. Bien souvent, ce ne sont même pas les concernés qui vont aller chercher de l’aide directement, mais plutôt leur conjoint qui font les premiers pas dans cette direction puisqu’ils sont malheureux dans cette situation.
En conclusion
Le travestisme est un désir qui, malgré qu’il puisse être incompris, est tout autant valable qu’un autre fétiche. Si vous vivez ce mode de vie et que vous en êtes satisfait, soyez-en fier et faîtes ce qui vous convient le mieux. Cependant, si vous en éprouvez des difficultés dans votre vie personnelle ou professionnelle à cause de ce fantasme, sachez qu’il existe des solutions pour vous aider.