La culture du BDSM fait beaucoup jaser. On en retrouve un peu partout que ce soit dans la littérature érotique, à la télé, la pornographie ou d’autres médias. Bien qu’on le voit de plus en plus dans la vie de tous les jours, on en voit souvent une image qui est pas représentative. Probablement que vous vous méfiez de ceux qui disent le pratiquent ou jugez un peu lorsque vous en voyez une apparition quelque part. Mais saviez-vous que vous l’avez déjà très probablement fait vous-même?

Les mythes, les rumeurs et les fausses croyances qui entoure le BDSM sont nombreuses. Il sera sûrement impossible de tous les répertoriés, mais il est possible de mettre en lumière et démystifier les plus courants. Voici donc en rafale quelques uns d’entre eux:

Les personnes qui le pratiquent ne sont pas saines d’esprit

Combien de fois on a dû l’entendre celle-ci? Définitivement trop souvent, mais pourtant elle est également inexacte. Dans les films et séries télé, ce sont souvent le stéréotype du psychopathe ou du sociopathe qui s’adonne à ce genre d’activités.
En fait, les pratiquants sont tout comme Monsieur, Madame tout le monde, peu importe l’âge, le sexe, le milieu socio-économique ou n’importe quel autre critère. Certaines études auraient même montrées que les adeptes du BDSM se caractérisent par une plus grande force psychologique et interrelationnelle. Ils auraient également une plus grande autonomie. On est quand même loin de l’image d’une personne aux caractéristiques psychologiques inadaptées.
Si on se tourne du côté de la psychiatrie, il est vrai qu’à une certaine époque, lorsque les sujets de la sexualité étaient encore très peu abordés, la pratique du BDSM était considérée comme une déviance sexuelle. Les psychologues et psychiatres l’ont alors autrefois catégorisés dans le DSM (Diagnostic and Statistical Manuel of Mental Disorders), mais aujourd’hui, on s’aperçoit qu’il n’en fait plus parti. Ils se sont rendus compte qu’en l’identifiant mieux et en comprenant mieux les dynamiques en arrière, ce n’est aucunement une trouble psychologique.

Les pratiques BDSM incluent toujours de la douleur

Le sadomasochisme, le plaisir d’infliger et recevoir de la douleur, est une catégorie du BDSM et non l’ensemble. L’’acronyme BDSM signifie trois aspects en particulier, mais très large: BD (bondage et discipline), DS (domination et soumission) et SM (sadomasochisme).
La raison pour laquelle on peut croire à cette croyance étant que c’est le domaine qui est le plus facile à représenter. Une image ou une vidéo de torture est beaucoup plus facile à illustrer qu’une dynamique relationnelle où une personne est soumise à une autre. Évidemment, le bondage est également une pratique visuellement explicite, mais on la considère généralement à tort impliquant de la douleur en même temps (ça peut arriver, mais ce n’est pas toujours le cas).

Ce n’est qu’une minorité de la population

On le voit le plus souvent à la télévision, mais rarement par des personnes de notre entourage. On aura une tendance à croire qu’il s’agit que d’une minorité de la population, mais c’est pourtant le contraire.
Selon certaines statistiques, le trois quarts (¾) de la population ont au moins essayé une activité liée au BDSM. Il n’est pas nécessaire que les pratiques soient extrêmes pour que ce soit considéré comme tel. Alors si vous avez déjà donné des claques sur les fesses, griffer ,tenir les mains de quelqu’un pour restreindre ou même mettre sa main sur la gorge de son partenaire durant une relation sexuelle, vous avez déjà fait du BDSM.
Il est à noter que la pratique en question doit se faire avec le consentement de chacun des partenaires. Autrement, ce n’est pas du BDSM, mais de l’abus.

Toutes les relations BDSM se ressemblent et ne conviennent pas à tous

Peut-être avez-vous déjà vu un contexte BDSM ou une relation de domination et de soumission dans la vie réelle. Bien sûr, la première fois qu’on le voit, on peut en rester surpris. La dynamique semble particulièrement différente de ce que l’on a l’habitude de voir dans la vie de tous les jours. Pour certains, on peut être dissuadé d’essayer parce que l’on s’imagine pas nécessairement avoir ce type de relation.
En réalité, chaque relation et échange sont différents. Vous aurez probablement remarqué que même auprès des relations plus conventionnelles, il y a des différences majeures d’une relation à l’autre. C’est encore plus vrai dans le milieu BDSM. L’important est avant tout de communiquer et de voir selon les partenaires les intérêts et attentes de chacun pour créer une relation à leur image.
En réalité, on retrouve autant de style de relations BDSM différents qu’il y de relations. C’est-à-dire que chacune est différente et adaptée. À vous de trouver la vôtre.

Le BDSM ressemble à ce qu’on peut voir dans Fifty Shades of Grey

La célèbre trilogie aura eu un succès à faire connaître le BDSM auprès d’une grande masse de personnes, mais aura été un échec pour en afficher une image réaliste. Les membres de la communauté BDSM s’entendent pour dire qu’elle représente une version abusive et inappropriée. Beaucoup des scènes montrent un côté malsain, manipulateur et négligent par moment le consentement.
Malheureusement, l’auteure a elle-même avouée qu’elle ne connaissait pas le milieu exactement. Elle s’est reposée sur ses propres impressions, quelques témoignages et beaucoup d’imagination. Il est tout à fait normal alors de s’imaginer que sa version n’est pas identique à celle que l’on peut constater auprès des adeptes.
Il faut aussi garder à l’esprit qu’il s’agit dans ce cas d’une fiction. Celles-ci sont peu souvent fidèles à la réalité.

Les personnes pratiquant le BDSM sont plus violentes que ceux qui ne les pratiquent pas

Il est complètement faux de penser qu’il s’agit de personnes violentes ou même dangereuses. Les scénarios impliquant de la douleur peuvent en donner une image contraire, mais ces activités restent dans le cadre d’un jeu entre adultes consentants.
Certaines de ces pratiques peuvent possiblement être risquées si elles sont improvisées et mises en pratique sans aucune expérience. Il faut dans ce cas être sûr de soi en les mettant à l’œuvre en y allant progressivement ou en assistant à des formations spécialisées.
En général, les membres de cette communauté sont beaucoup plus à l’écoute de leurs partenaires, démontrent plus de respect et sont plus conscients du consentement que les personnes ayant une sexualité plus conventionnelle, car les relations sont majoritairement plus complexe.

Les adeptes du BDSM manquent de compétences relationnelles

Contrairement à ce que l’on pense au sujet de ceux qui pratiquent le BDSM, et encore plus de la part des sadomasochistes, ce ne sont pas des brutes dont leur seul plaisir est de torturer une personne et la voir souffrir.
Il faut beaucoup d’empathie, de confiance et de respect pour s’engager dans une séance de jeu BDSM avec une autre personne. Cette nécessité est encore plus marquée lorsque l’on désire s’engager dans une relation. Les dynamiques du milieu sont beaucoup plus complexes et subtiles et demandent alors de bonnes capacités sociales.

Dans le milieu du BDSM, l’homme domine et la femme se soumet

Il s’agit d’une idée préconçue qui a été fortement généralisée. Il est vrai que l’on retrouve plus de duo Dominant/soumise que Dominante/soumis. Cependant, ce n’est pas une preuve que la deuxième possibilité n’est pas présente. Et encore, les relations homosexuelles n’ont pas été mentionnées.
L’important est de voir ce que vous désirez personnellement et de faire en sorte que vous soyez satisfait. Si vous avez l’intérêt de prendre en charge une personne, d’assumer d’être responsable de son plaisir et de ses besoins, alors le rôle de Dominant.e vous convient le mieux. Si au contraire, vous préférez servir une personne, remettre votre liberté et vous fiez à son jugement, alors celui de soumis.e vous convient mieux. Il est possible d’avoir un intérêt pour les deux, ce que l’on appelle être “switch”.
L’important est d’avoir du plaisir. Pour le reste, vous faites exactement ce que vous voulez!

Les personnes soumises n’ont rien à dire et ne font qu’obéir

La première règle à prendre en compte dans l’univers du BDSM, c’est que le consentement doit être respecté en tout temps. S’il advient que quelque chose vous déplait, mentionnez-le. Si cette volonté n’est pas respectée, ce n’est plus de l’ordre d’une dynamique BDSM, mais bien une situation d’abus.
Certaines personnes vont affirmer le contraire en justifiant qu’une personne soumise ne fait que ce qu’on lui demande sans avoir à poser de questions ou refuser. Ceux-ci sont mis à l’écart de la communauté en raison du risque qu’ils représentent. On les appelle les “faux Dom”.
Le choix de se soumettre se fait par envie et par la volonté du don de soi. En aucune circonstance elle ne doit être forcé. C’est dans ce genre de contexte que les mots de sécurité (safewords) tiennent leur importance. Lorsqu’ils sont prononcés, la séance en cours est interrompue.

On est adepte ou on ne l’est pas, c’est comme ça

Au courant d’une vie, il y a tellement de fluctuations dans nos envies, nos intérêts, etc. Beaucoup de personnes qui ne connaissaient pas et trouvaient même ce mode de vie étrange en sont maintenant adeptes. À l’inverse, il est possible que des pratiquants de longue date vont vouloir se retirer ou simplement en faire une pause.
Les changements de préférence peut se faire à tout moment concernant les activités pratiquées ou le rôle (soumis.e ou Dominant.e).

C’est juste une nouvelle mode

On pense souvent que le BDSM est un mode de vie particulièrement récent et se fait connaître de plus en plus par la présence des médias. Pourtant, ces façons de faire sont si anciennes qu’il est pratiquement impossible d’en retracer les origines. Il est pourtant vrai que depuis l’apparition d’Internet, ce milieu qui était plus caché et discret commence à faire son apparition fréquemment.

 
On peut définitivement voir que les croyances populaires sont souvent peu représentatives de la réalité. Si vous avez un intérêt à en découvrir d’avantage, vous découvrirez avec le temps qu’il s’agit d’un environnement nouveau et différent de ce que l’on a l’habitude de voir dans la vie quotidienne. C’est un univers complexe et généralement mal compris qui vaudrait mieux afficher sous son vrai jour.

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