Vous avez probablement vécu une situation qui vous a mis mal à l’aise et qui vous gêne sûrement encore aujourd’hui quand vous y repensez. Aussi particulier que ça puisse paraître, ce sentiment peut être érotisé. Plus étonnant encore, c’est un fantasme qui est assez courant et pratiqué par un bon nombre de personnes sous différentes formes.
Pour mieux comprendre ce fantasme, il faut tout d’abord se demander de quoi il s’agit exactement et pourquoi il y a autant d’adeptes.
Qu’est-ce que l’humiliation érotique?
Il faut noter que, contrairement à ce que l’on peut s’imaginer à première vue, ce n’est pas la même chose que l’humiliation au sens propre comme on a l’habitude de rencontrer au quotidien. Il s’agit avant tout d’une pratique consensuelle entre les participants. C’est-à-dire qu’il ne suffit pas de faire ce que l’on veut à sa victime qui peut être insultant pour dire que c’est du BDSM.
Il faut donc faire preuve d’une grande ouverture par rapport à ce qui est acceptable ou non. Pour y arriver, la confiance et la communication doivent être présentes à tout moment, vous ne voudriez tout de même pas laisser n’importe qui vous mettre dans un tel embarras. Une personne en qui vous pouvez faire confiance tiendra compte de vos réactions et sera là pour vous soutenir si ça ne se passe pas comme prévu et mettre fin immédiatement au jeu de rôle.
Il est également important de faire la différence entre l’humiliation et la dégradation, que beaucoup associent l’un à l’autre. La première consiste à créer un sentiment de honte et d’embarras, alors que la deuxième cherche à rabaisser une personne, voire la faire se sentir inférieur par des actions ou des commentaires par exemple.
Chacun a sa propre définition et trace sa ligne selon ce qui lui correspond. Ce qui peut être dégradant pour l’un peut être seulement humiliant pour l’autre. Ou les deux. Ou aucun. Pour déterminer où se situe la frontière à ne pas franchir, il est nécessaire d’établir les limites et les préférences des partenaires.
Le plaisir d’être humilié
Pour que ce kink ait lieu, il doit nécessairement y avoir du plaisir pour que les adeptes souhaitent continuer de le pratiquer. Tout le monde a ses raisons et elles ne seront probablement pas toutes énumérées, mais les principales seront expliquées.
- Par hasard. Il n’est pas obligatoire qu’il y ait une raison spécifique en réalité. Il est tout à fait possible de le subir accidentellement durant une séance ou dans la vie du quotidien et se rendre compte que l’on aime ça. Il peut aussi simplement être question d’agir sous le coup de la curiosité pour découvrir ensuite que ce n’est pas si mal et que l’on souhaite continuer.
- Une insécurité contrôlée. Il est normal d’avoir des complexes ou de se sentir insécure sur différents sujets. L’avantage de l’humiliation dans un cadre BDSM, c’est qu’il ne s’agit que d’une simulation. On peut en quelque sorte affronter ce qui nous dérange tout en gardant un contrôle, puisque l’on peut demander à ce que ça s’arrête à tout moment dès qu’il n’y a plus de plaisir.
- Donner le contrôle. En se soumettant à cette pratique, on permet à la personne qui nous humilie de nous dominer dans une certaine mesure. De cette façon, en voulant offrir du pouvoir et du contrôle, dans un contexte d’échange de pouvoir, on peut se retrouver à vouloir se sentir inférieur au bénéfice de la personne dominante.
- Le tabou. Pour certains, ce qui les excite le plus est le caractère plutôt osé de ce type de séance. Comme il est souvent mal perçu ou étrange, des adeptes vont être attirés par ce côté interdit.
- Le jeu de rôle. Comme tout type de jeu de rôle, ce n’est pas une représentation exacte de la réalité. Un contexte humiliant devient alors une séance de jeu où l’on peut se permettre d’être quelqu’un d’autre durant quelques instants. Ça devient alors un moyen de s’éloigner de la vie quotidienne tout simplement et se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre.
Comment le pratiquer en privé?
Il existe trois formes d’humiliation: physique, mentale et sexuelle. Ce n’est pas parce qu’il y a un intérêt pour l’une d’entre elles qu’il y en a forcément un pour les autres. Chacune d’entre elles a des particularités spécifiques qui les distinguent. Cependant, il est possible de classer certaines actions dans plusieurs catégories à la fois.
La première concerne le physique, c’est-à-dire tout ce qui touche à l’apparence et au corps. Parmi les pratiques, on peut compter d’écrire des insultes sur le corps de la personne humiliée avec un marqueur, faire porter des costumes ou des tenues absurdes ou encore cracher au visage.
La deuxième est de nature mentale. Il s’agit donc de porter atteinte sans avoir à provoquer le moindre contact. Les effets n’en sont pas pour autant négligeables, car les paroles peuvent parfois avoir plus d’impacts que les gestes. Il pourrait s’agir par exemple d’insulter ou de ridiculiser. L’objectification est aussi un moyen d’y parvenir. Cette pratique consiste à agir de façon à traiter la personne comme un objet que l’on peut utiliser à sa guise, voire que l’on y porte aucune attention particulière.
Finalement, la forme sexuelle revient à utiliser des pratiques sexuelles pour humilier, tel que l’exhibition ou l’homosexualité forcée (dans le cas de personnes hétérosexuelles, l’inverse est aussi possible). Les jeux impliquant les fluides sexuels sont aussi une façon d’y parvenir, notamment avec l’éjaculation faciale ou en forçant à avaler le sperme ou la cyprine.
Comment le pratiquer en public?
Il faut savoir qu’il y a de nombreuses précautions à prendre lorsque l’on décide d’appliquer des jeux d’humiliation dans des lieux publics. Le stress d’avoir le regard des autres sur soi durant cette période apporte un effet encore plus fort que lors d’une séance en privé. Toutefois, l’entourage n’a en aucun cas consenti à faire parti de cette scène et pourrait être mal à l’aise d’y assister.
Bien qu’il soit acceptable de le pratiquer en public, il faut s’assurer que ce soit suffisamment discret pour ne pas éveiller de soupçons. En effet, des personnes non averties pourraient interpréter les signes d’humiliation érotique comme de l’abus au sein d’un couple. Il serait regrettable de devoir expliquer la situation devant la police ou des organismes de protection contre l’abus conjugal.
Plusieurs pratiques sont toutefois possibles et semblent banales devant un public tout en étant humiliantes pour la personne qui subit. L’obligation de porter des vêtements inconfortables ou qui mettent mal à l’aise sont un bon exemple du volet physique, tout comme interdire le port de sous-vêtements durant une période de magasinage.
Pour l’aspect mental, on peut imaginer l’interdiction d’aller aux toilettes ou de parler sans que la parole lui soit adressée en premier. Le but étant de créer un sentiment d’inconfort qui peut sembler tout à fait naturel, mais en étant désiré et contrôlé.
Pour appliquer l’humiliation sexuelle, il est plus difficile de le mettre en pratique, mais c’est toujours réalisable en faisant usage de créativité. Vous pouvez ainsi utiliser une cage de chasteté ou obliger le port d’un vibrateur contrôlé à distance pour rappeler en tout temps qui est en charge.
En conclusion
Le domaine de l’humiliation est très large et à la fois subjectif à chacun. Toutes les pratiques peuvent être une source de gêne et de honte, il ne reste qu’à savoir lesquelles s’appliquent à vous. La seule véritable limite à ce que vous pouvez mettre en place est celle de votre imagination.
Cependant, il faut se rappeler qu’afin de rester dans le cadre du BDSM et non de l’abus, toutes sources d’humiliation doivent être consenties et la séance peut être arrêtée à tout moment par l’utilisation d’un mot de sécurité. Même si certaines pratiques peuvent sembler inappropriées, elles restent acceptables en autant qu’elles soient légales, consenties et que le jeu reste avant tout un jeu.