Depuis les dernières années, on entend de plus en plus de nouveaux termes liés à la diversité sexuelle, mais également des genres. La non-binarité n’est pas un phénomène nouveau, mais il fait énormément jaser depuis que de nombreuses personnes revendiquent des formes identitaires différentes et des pronoms non normalisés.
L’image du gay effiminé ou de la lesbienne a l’allure de l’homme manqué est encore très présente dans l’esprit du monde en général. Pourtant, la réalité est bien loin des croyances populaires. Plusieurs composantes distinctes viennent déterminer les préférences, que ce soit envers soi-même ou envers les partenaires potentiels. Les connaître permet à la fois d’avoir un point de vue plus objectif sur le monde qui nous entoure, mais nous permet aussi de nous remettre en question. Il est possible d’en apprendre sur soi-même et de se (re)découvrir.
On peut distinguer ces composantes en quatre aspects, soit le sexe, l’identité de genre, l’expression de genre et l’orientation sexuelle.
Les sexes
Pour faire court, il s’agit du sexe qui est attribué à la naissance suite à la décision du médecin en se basant sur les caractéristiques physiques sexuelles visibles. Cette décision est très souvent binaire, c’est-à-dire un garçon ou une fille, un mâle ou une femelle. Pourtant, il peut arriver lors de rares exceptions que l’on diverge de cette binarité avec ceux que l’on appelle les androgynes. Cette minorité possède dès la naissance des caractéristiques sexuelles appartenant aux deux sexes.
Le seul moyen d’officiellement changer de sexe est au travers d’une opération qui vient alors radicalement changer le pénis pour un vagin ou vice-versa. Même suite à cette chirurgie, certains vont continuer à prendre en compte seulement le sexe qui était présent à la naissance, sans prendre en compte les changements en cours de route.
L’identité de genre
À partir de cette deuxième partie, ça commence à se diversifier. Initialement, on avait tendance à catégoriser qu’il n’y avait que deux genres, toujours dans le système binaire, et qui était associé au sexe. Au fur et à mesure que ceux et celles qui ne se sentaient pas en accord avec cette façon de faire se manifestent, on entend beaucoup plus parler des transgenres.
Les transgenres sont des personnes qui considèrent avoir un genre différent du sexe qui leur a été attribué à la naissance. Il n’est pas nécessaire d’avoir procédé à une opération de changement de sexe pour l’être. À l’inverse, ceux qui considèrent avoir le genre qui correspond à leur sexe initial sont des cisgenres.
Afin de déterminer si l’on est cisgenre ou transgenre, il faut prendre le temps de réfléchir sur soi-même et de se demander à quel genre que l’on se sent réellement appartenir. À moins que cette réflexion confirme que vous êtes fondamentalement du même genre que votre sexe, alors vous êtes transgenre.
Vous pouvez également sortir de la binarité en vous sentant androgyne, donc un mélange des deux, asexué, ni l’un ni l’autre, ou gender fluid, changeant dans le temps, passant d’un genre à un autre.
L’expression de genre
La façon dont l’on s’affiche est en partie dépendante de notre genre. L’association entre l’expression du genre et le genre en tant que tel est fortement prononcée dans notre société par les archétypes qui sont enseignés et qui restent profondément ancrés dans notre culture. Ainsi, on se fait dire depuis notre plus jeune âge ce dont est supposé faire les enfants, comment ils devraient s’habiller ou même penser.
Bien sûr, nous avons une personnalité qui influence ce que l’on exprime ou que l’on souhaite montrer aux personnes qui nous entourent. C’est cette partie que l’on qualifie d’expression du genre. Si vous êtes une femme et vous trouvez être plus à l’aise en portant des vêtements typiquement masculin, votre expression aura tendance à être plus orienté vers celui masculin. Un homme efféminé aura un penchant plus prononcé vers celle féminine.
Tout comme le genre, l’expression n’est pas nécessairement binaire. Il peut alors fluctuer ou être stable parmi aucun ou un mélange des deux sexes traditionnels.
En prenant le temps d’analyser les agissements, on peut finir par reconnaître ceux qui ont une tendance plus genrée qu’un autre et dans diverses proportions. On ne peut pas être parfaitement masculin ou féminin, on est toujours un mélange des deux à divers degrés.
L’orientation sexuelle
L’attirance que l’on peut avoir pour un genre est complètement indépendante de celui auquel on considère appartenir. La vieille croyance de croire que les homosexuels ont des comportements associés au sexe opposé n’a donc aucun rapport. L’orientation sexuelle d’un individu peut être dirigé vers n’importe lequel des genres, plusieurs d’entre eux ou aucun. Pour en savoir plus sur la diversité des orientations que l’on peut retrouver, un précédent article en parle plus en détails.
En conclusion
Peu importe où vous vous situez sur le spectre des genres, vous êtes les seuls à pouvoir déterminer exactement à quel degré vous vous situez à chacun d’entre eux. Votre sexe génital, le genre envers lequel vous avez une attirance sexuelle, votre identité et votre expression de genre peuvent tous être différents si c’est ce que vous ressentez.
Prenez un moment pour faire une introspection et faire le point où vous considérez être sur les spectres de chacune des composantes. Pour vous aider dans vos démarches, il existe des tests en ligne pour aider à les mesurer. Soyez le plus honnête possible et ne vous jugez pas. Au cas où vous craigniez le jugement des autres, rien ne vous oblige à divulguer les résultats des tests ou de votre réflexion.